L’histoire du Centre de la francophonie de UBC

Historique

Le Centre de la francophonie de UBC vise à promouvoir la langue française sur le campus et dans la communauté, à explorer la francophonie d’ici et d’ailleurs et à favoriser le dialogue entre les cultures du Canada.

Il est né à l’initiative de Francis Andrew et Judith Plessis (Éducation permanente), Monique Bournot-Trites (Faculté d’éducation) et André Lamontagne (Études françaises, hispaniques et italiennes), qui souhaitaient regrouper les ressources de leurs unités respectives dans l’organisation d’activités académiques et culturelles et la mise en place d’un réseau francophone sur le campus.

Malgré plus de 5.000 inscriptions annuelles dans ses programmes de français ainsi qu’un nombre impressionnant de professeurs et étudiants francophiles, l’Université de Colombie-Britannique n’a jamais réalisé son potentiel d’établissement bilingue ou élaboré une politique d’affirmation du français. Dès les années 1990, les professeurs Francis Andrew, Stephen Carey et Valérie Raoul proposent la mise sur pied d’une structure qui fédérerait des cours enseignés en français dans différentes matières (French Across the Curriculum) en vue de l’obtention d’un diplôme bilingue. Si ce projet académique ne se matérialise pas, il jette néanmoins les bases du Centre francophone tel que nous le connaissons aujourd’hui.

En 2005, un comité directeur sous la présidence d’André Lamontagne et constitué de Guy Dumont (professeur à la Faculté de génie), Monique Bournot-Trites (professeure au Département des langues et de littératie de la Faculté d’éducation), Francis Andrew et Judith Plessis (directeurs académiques à l’Éducation permanente) et Max Adrien (consultant à la Commission scolaire de Vancouver), avec l’appui d’un comité consultatif composé de collègues de SFU et de membres de la communauté francophone, s’attelle à la tâche de produire un livre vert renfermant un ensemble de propositions pour la promotion et l’enseignement du français à UBC.

La nomination de Judith Plessis au poste de directrice de l’Éducation permanente en 2007 accélère les discussions avec l’administration de l’Université. Après avoir obtenu l’aval de David Farrar, vice-recteur académique de l’Université, et du recteur, Stephen Toope, le Centre voit officiellement le jour le 30 septembre 2009 lors d’une cérémonie au Centre Irving Barber à laquelle participent le grand écrivain Roch Carrier, notre président honorifique, et plus de soixante-dix invités.

Le site internet du Centre est créé en 2011 et hébergé par l’Éducation permanente jusqu’à son transfert à la Faculté des arts à l’été 2014. C’est à cette date que s’effectue la titularisation du poste de directeur occupé par André Lamontagne avec une contribution financière conjointe de la Faculté des arts et de l’Éducation permanente.

Depuis l’automne 2018, cette fonction est remplie par Dr. Stéphanie Palisse du Département d’Études françaises, hispaniques et italiennes de la Faculté des arts.

Promotion de la langue et de la culture

Au-delà de son volet événementiel, le Centre fait un important travail de promotion du français à l’université, dans la communauté, voire sur la scène nationale.

Des membres du Centre ont participé aux travaux du Comité sénatorial permanent des langues officielles tandis qu’André Lamontagne a siégé sur un comité aviseur du Commissariat aux langues officielles du Canada.

Le Centre travaille en étroite collaboration avec des partenaires du monde de l’éducation comme le gouvernement de la Colombie-Britannique, Canadian Parents for French et la British Columbia Language Coordination Association, et a contribué à la mise sur pied de la Coalition pour l’avenir du français en Colombie-Britannique et de l’Association des universitaires francophones et francophiles de Colombie-Britannique.

Le Directeur et la Directrice ont fait plusieurs interventions à la radio et à la télé de Radio-Canada pour parler des activités du Centre ou prendre position sur certains sujets. André Lamontagne, Monique Bournot-Trites et Judith Plessis font partie des experts que l’université met à la disposition des média et de la communauté.

Le Centre a constitué une base de données d’un réseau francophone de 500 personnes à UBC et mis en valeur les ressources de langue française à la bibliothèque. Le Centre a également facilité des rencontres d’information pour les étudiants avec les organismes suivants :

Faculté de droit de l’Université d’Ottawa : 23 septembre 2016; Associations francophones du Yukon, Territoires du Nord-Ouest et Nunavut : 31 janvier 2017; Campus France : 1er mars 2017 et 26 février 2018

Le Centre a contribué au financement d’une vidéo éducative sur l’histoire de la présence francophone en Colombie-Britannique, en partenariat avec Canadian Parents for French et le gouvernement provincial. Le lancement a eu lieu à la Bill Reid Gallery en 2011.

Conférences et autres événements

Le Centre de la francophonie a accueilli plusieurs conférenciers, souvent dans le cadre de partenariats avec le Consulat général de France à Vancouver, l’Alliance française, le Consulat général de Suisse à Vancouver, le Bureau des Affaires francophones et francophiles de SFU, le Writers Festival de Vancouver ainsi que le Département d’études françaises, hispaniques et italiennes et le Peter Wall Institute de UBC. Au nombre des invités, mentionnons les professeurs Jean Beaubérot, Michel Bouchard, Françoise Gaillard, Michael Huenefeld, David Merren et Jean Pruvost, les écrivains Marie-Célie Agnant, Roch Carrier, François Cusset, Marie Darrieussecq, Joël Dicker et Nancy Huston, ainsi que Monsieur Philippe Sutter, Consul général de France à Vancouver.

La diversité des sujets abordés et des nationalités (Canada, France, Haïti, Suisse) donne lieu à un dialogue fructueux, et souvent très actuel comme c’était le cas de la conférence de Jean Beaubérot sur la laïcité prononcée à la Bibliothèque centrale de Vancouver.

Témoin de sa mission à la fois scientifique et communautaire, le Centre s’est associé à la Société historique francophone de la Colombie-Britannique pour la tenue de colloques au centre-ville, à UBC à Robson Square :

‘‘Les lieux de mémoire francophones de la Colombie-Britannique’’, le 24 septembre 2010. Avec une exposition de livres rares présentée par la Bibliothèque de UBC.

‘‘Histoires de communautés’’, 12 octobre 2012.

L’évènement ‘‘Territoires debout’’, qui a réuni en mars 2015 à la Long House de UBC les écrivains autochtones Natasha Kanapé-Fontaine et Louis-Karl Picard-Sioui, a ancré la semaine de la francophonie dans un contexte interculturel.

Parmi autres activités, mentionnons le lancement du livre La francophonie de la Colombie-Britannique: Mémoire et fiction

Ciné-club

Depuis ses débuts, le ciné-club francophone présente des films de qualité et de différents horizons francophones qui attirent autant les étudiants et professeurs de UBC que les cinéphiles de la communauté. Nos projections sont gratuites grâce à l’appui financier du Département de didactique des langues et de littératie de la Faculté d’éducation et sont organisés en partenariat

avec Visions Ouest Productions. Certaines de nos soirées cinéma ont connu un immense succès, que l’on pense au film ‘‘Mommy’’ de Xavier Dolan, au court métrage de Julien Capraro sur l’immigration au Canada et les amateurs de 2 CV (‘‘La derniqre clé’’) ou au documentaire de Frédérique Rémy et Wanda Jemly sur les femmes camerounaises (‘‘Amoura’’). Les projections sont d’ordinaire suivies d’une période de discussion ou d’une rencontre avec les artisans du film. Au fil des ans, le ciné-club francophone s’est affirmé sur la scène culturelle de Vancouver et comme lieu de rencontre communautaire. Il a présenté une trentaine de films.

Perspectives d’avenir

La dualité linguistique canadienne demeure un défi de tous les jours et le Centre continue d’œuvrer pour une reconnaissance accrue de la langue française et de la culture francophone au sein de cette grande université qu’est UBC. Un appui déclaré de notre administration au bilinguisme devrait permettre à UBC de joindre les rangs de l’Association des collèges et universités de la francophonie canadienne (ACUFC), qui nouvellement formée a déjà un poids politique important. Il favoriserait également une présence plus forte de l’université dans la francophonie internationale. UBC a besoin du Centre de la francophonie et de l’image qu’il apporte de l’Europe et des pays francophones d’Afrique et d’Asie. L’énergie et le dévouement des membres du Centre et de ses alliés nourrissent une société plurielle qui voit dans le français et la francophonie une ouverture au monde. Le Centre, avec l’appui de la communauté et de ses partenaires, défend l’idée d’un français rassembleur, d’une langue qui non seulement demeure l’une des plus parlées sur la planète mais s’affirme comme une langue d’avenir.